Parcours initiatique d'une illustratrice

Projet : le marais

Jour 1 : La tourmente

L’histoire de ce dessin commence pendant une nuit noire. Alors que les braves gens sont endormis, je ne suis que frustration et colère. Je voudrais crier, déchirer, contraindre. Mais qui ?

Mes yeux se posent sur mon carnet : c’est lui qui va souffrir !

Premier… gribouilli ? On ne peut même pas appeler ça un dessin, c’est juste de la colère qui s’exprime. Ça sort de ma main tout seul. Faire saigner ce sale carnet, il faut qu’il souffre. Violence ! Violence !

Frustration

Seconde image. Je canalise la frustration dans le sujet, ça se fait tout seul en fait. Et pendant que je me calme, la ligne se fait moins folle, elle est plus lente aussi.

Frustration 2

Images trois, quatre et cinq : je suis plus calme, la colère est moins agitée. Les formes qui sortent sont des catharsis.

Il est tard.

Je pose le stylo.

L’orage est passé.

Jour 2 : La réflexion

Après coup, l’énergie des trois dernières images me semble intéressante à creuser.

J’en choisis une, sûrement la plus simple, et je l’agrandis pour la travailler sur un A4. Certaines zones méritent d’être plus détaillées, plus précises. 

Premier essai : certaines parties fonctionnent bien, elles se rapprochent de l’inquiétude que je voulais au départ. D’autres zones sont ratées. Mes amis m’indiquent certaines erreurs qui traînent.

Second essai : je travaille le visage pour ajouter de la peur dans le regard, et tester un feutre. Non, ça ne marche pas. Je dois revenir au stylo.

Feutre calligraphie

Troisième essai : ligne fine et délicate. Trop peut-être ? Je ne retrouve pas le regard. Je recommence.

Quatrième essai : certaines choses fonctionnent bien mieux. Mais le visage m’échappe encore. certaines lignes sont devenues lourdes, ça ne fonctionne pas.

Cinquièmes essais : je me concentre sur le visage. Et finalement j’arrête. Ce n’est pas la bonne méthode, ça ne marche pas.

Je pose le stylo.

Jour 3 : La solution ?

J’ai toujours ce dessin en tête. J’observe mes versions.

Le plus important c’est de garder le regard et la délicatesse. Pour le reste, les versions les plus récentes sont plus proches de mon idée de départ.

Je passe en digital, ce qui a moins de charme parce qu’il n’y a pas de version, elles sont toutes aplaties les unes sur les autres. Je peux zoomer et reprendre le visage.

Petits ajustement ici et là pour que les versions s’imbriquent bien.

Dernier détail avec la perspective atmosphérique.

De la frustration de départ il ne reste que ce dessin. Tout le processus a été très intéressant à mener, parfois il a fallu faire preuve de patience avant d’arriver à trouver la bonne solution. Je suis contente de retrouver la ligne noire, et un peu triste de voir à quel vitesse j’abandonne la couleur. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot.

Je pose le stylet.

Terminé.

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